Au chat qui pète

Maison de bonne tenue

30 novembre 2007

Tout ce que vous avez toujours...

Des fois je me sens grandir... En ce moment par exemple...

Je rassure ceux qui m'ont déjà rencontré pour de vrai, je ne parle pas de grandir physiquement.

Non, c'est autre chose. Quelque chose qui a commencé réellement ce jour là, le jour des quatre C. Petit retour en arrière...

Je ne me souviens plus à quel moment j'ai décidé que j'en avais marre de mon métier. Probablement un jour de 2004, entre un dépôt de dossier d'agrément en vue d'adoption comme ils disent, un week-end dans l'ermitage que nous venions d'acheter et une de ces engueulades mystiques avec mon boss comme j'en étais coutumier à l'époque.

Plus ou moins consciemment j'ai commencé à tout mettre en place pour que ça change. Depuis, je jongle avec des projets plus ou moins bien ficelé : transformer ma grange, le fenil et l'étable en maison d'hôte douze épis, quitter mon bureau surchauffé pour un atelier de menuiserie-ébénisterie, devenir formateur en informatique pour que mes compétences dans ce métier que j'ai adoré puissent servir à d'autres, et dix mille autres idées découlant toutes de mes hobbys, passions ou intérêts qui auraient pu me faire vivre à temps partiel ou complet.

J'imaginais très bien quitter mon atelier qui sentait la sciure à midi pour me retrouver devant des adultes en formation à quatorze heures et rentrer le soir pour préparer le clafoutis du matin pour la famille qui allait passer le week-end chez nous. Un tiers liberté, un tiers passion, un tiers utile. Pas forcément dans le bon ordre.

Et des idées comme ça j'en ai eu des dizaines et des migraines.

En fin d'été nous avons déménagé. Moins de charges, le moment du grand saut était arrivé. Demande de temps partiel (réponse officielle semaine prochaine), et ... brutalement une grosse trouille de me vautrer. Et si tout ça n'était pas bien sérieux ? Alors j'ai fait comme je fais quand j'ai peur : j'essaye de maîtriser, de contrôler, de diriger. Et plus je m'investissais, plus je freinais, plus je me trouvais confronté à la réalité : j'étais condamné (professionnellement) à rester ce que j'étais (professionnellement).

J'ai donc décidé avec l'aide de Chère et Tendre qu'il était urgent de remettre à plus tard les projets, sans culpabiliser, sans les détruire, sans les presser. Et de laisser venir. De laisser venir la vague.

En deux mots de lâcher prise...

Et il y a eu les quatre C.

Et aujourd'hui je grandis. Parce qu'entre cette journée monumentale et aujourd'hui, il y a eu une succession de petits faits, petites rencontres, petits hasards (!) qui l'air de rien m'ont tracé une jolie route toute droite avec au bout une reconversion tellement évidente que je ne l'avais pas vue.

Je ne vous dirai pas de quoi il s'agit, pas maintenant, parce que je n'y crois pas encore complètement, ça va trop vite.

Tellement vite que je n'y crois pas que je suis pré-inscrit pour une formation qui commence en avril et qui dure neuf mois - quel beau symbole pour une renaissance !

Tellement vite que je n'y crois pas que jeudi prochain j'ai un rendez-vous téléphonique avec un formateur pour discuter de mon projet et valider mes choix.

Tellement vite que quand j'en parle autour de moi, je m'attends à ce que l'un ou l'autre explose de rire devant mon inconscience et que c'est l'inverse qui se produit.

Alors depuis une semaine je suis tendu vers cet objectif. Aujourd'hui je construis ma reconversion, je me prends en main, j'arrête de subir les inepties crasses de Boitacons & Co. Aujourd'hui j'organise, je planifie, je budgette, je rencontre des professionnels, je me documente, je fonce.

Et je me sens grandir.

Et je me sens porté.

Et je n'ai plus peur.

Posté par le chat qui pete à 17:45 - Le Chat vire... - 9 miaulement(s) - Permalien [#]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

23 novembre 2007

Six heures quinze

Six heures quinze. Je pousse la porte, j'entends sa respiration. Régulière, profonde. J'allume la petite veilleuse qui répand une atmosphère rose-fifille dans sa chambre. Elle est enfouie sous la couette, je pars à sa recherche. Elle est sur le ventre, ses cheveux noir étendus en corole autour de sa tête. Un bras devant elle, comme lancé vers le haut, l'autre symétrique derrière et en bas, les jambes fléchies. On dirait le cliché d'un sprinter en plein effort. Sous l'éclairage chaud de la veilleuse, sa peau mate est chocolat. Une gratouille derrière l'oreille, le rythme de sa respiration change, elle passe sur le dos et me fait son premier sourire de la journée.

Bisou sur le front, elle s'accroche à mon cou et cale sa tête sur mon épaule. Je la transporte jusque le table, la pause sur sa chaise. Les deux thés fument : noir au lait et sucré pour elle, vert et sans sucre pour moi. Le grille pain libère les toasts et Petite Fleur commence son incessant babillage.

Il lui a fallu trois semaines après son arrivée pour comprendre ce que nous lui disions. Elle n'osait alors pas encore parler et usait de mimiques pour se faire entendre. Au bout de deux mois, elle avait acquis un vocabulaire phénoménal et parlait couramment le moi je me veux vouloir manger avoir faim un pomme. Au bout de trois mois, elle avait atteint un niveau de langage correct et pataugeait allègrement dans les accords à la Népalaise : son voiture parce que c'est la voiture de papa. A l'évaluation de fin d'année, elle avait dépassé le niveau moyen de la classe.

Depuis, on ne peut plus l'arrêter de parler.

Six heures quarante-cinq. J'expédie une vaisselle rapide, et nous allons choisir ses vêtements. Attention, on n'habille pas mademoiselle comme on veut. Nous tombons d'accord sur des collants roses-fifille-foncés avec des petites fleurs plus sombres dessus, une robe sac à patate dans un pastel gris accordé avec un tee-shirt dans les même tons. Avec cela mademoiselle mettra ses bottes et son gilet. Ce matin ça s'est bien passé mais les négociations peuvent être longues. Je la laisse s'habiller seule, se brosser les cheveux, se passer sa petite crème et se brosser les dents. De mon coté je fonce à la douche.

Sept heures quinze. Elle a vu qu'il pleuvait des cordes et a sorti son parapluie. Et m'attend devant la porte, je ferme son blouson et nous partons. Les quais sont lugubres sous cette pluie qui tombe sans discontinuer depuis deux jours. J'aime néanmoins ce moment où quasi seuls dans les rues nous traversons une partie du centre ville à pieds. Peu de bruit, peu de voiture, et juste sa voix aigrelette qui me raconte qu'hier Cyprien lui a donné une noix à elle mais pas à Lou. Nous arrivons à la garderie en même temps que la demoiselle qui s'en occupe. Petite Fleur a le privilège d'aller allumer toutes les lumières. Je lui expédie une bise et je fonce à la gare prendre le seul train qui me permet ces temps-ci d'arriver à une heure décente au bureau.

Depuis une semaine Chère et Tendre est coincée à Paris. Certes, elle a eu une journée de repos qui lui aurait permis de redescendre chez nous - c'est ce qu'elle fait habituellement - mais là, en admettant qu'elle arrive jusqu'à nous en un temps raisonnable, elle n'était pas sûr de pouvoir repartir. Elle est donc restée coincée dans sa banlieue, incapable même de rejoindre les lumières de la ville. Depuis une semaine, je tords nos horaires pour essayer de les faire coïncider avec les quelques trains qui roulent, ceux de la baby-sitter et ceux de l'école.

Vingt heures dix. Je quitte la gare et me dirige à grands pas vers la maison. Le train est encore resté coincé à Lyon pendant vingt-cinq minutes sans explication. Je fulmine en pensant à Petite-Fleur avec qui je n'ai passé qu'une demi-heure aujourd'hui. En arrivant elle me saute au cou et me dit les yeux plein de reproches qu'elle a faim. Hier j'avais préparé une soupe, il reste des lentilles, je me transforme en Shiva et prépare le repas en mettant la table en répondant au téléphone en payant la baby sitter et à vingt heures quarante la soupe fume dans nos bols et Petite Fleur me raconte sa journée. Nous papotons joyeusement encore un moment, puis ses yeux s'étrécissent et se ferment. D'habitude elle est couchée à cette heure là.

Vingt et une heures. Elle se glisse sous les draps, me fait un énorme câlin et me dit qu'elle m'aime. Je lui dis que je l'aime aussi, que maman aussi, et que demain, normalement, elle sera là. Un dernier bisou, j'éteins la lumière et tire sa porte de chambre. A peine plus d'une heure avec elle aujourd'hui. Je m'en veux de ne pouvoir faire plus. Et en même temps, ces quelques instants passés ensemble sont tellement forts et doux qu'ils en deviennent précieux.

Posté par le chat qui pete à 23:37 - Petite Fleur - 7 miaulement(s) - Permalien [#]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

15 novembre 2007

Si j'étais...

La CGT - Confédération Générale du Travail - est le syndicat majoritaire des cheminots.

Les cordonniers sont décidément les plus mal chaussés...

Posté par le chat qui pete à 11:40 - Le Chat est taquin - 2 miaulement(s) - Permalien [#]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

10 novembre 2007

Java

Aux premiers accords d'accordéon, elle relève la tête...
Aux suivants, un sourire illumine son visage.
Quand la voix éraillée commence à chanter Je me souviens du bord de mer, elle se lève les bras tendus en criant vite Papa !

Je la cueille et la propulse dans mes bras. Sa main droite dans ma main gauche, assise à califourchon sur ma hanche, mon bras droit la tenant fermement nous suivons la musique douce en fredonnant. Un petit sourire pour moi à l'écoute des paroles un peu grivoises que ma mère devait écouter d'un air outré en couvant son ventre et que Petite Fleur répète en toute innocence les yeux mi-clos, dans l'attente du refrain qui va nous propulser dans un tourbillon fou.

Et nous tournons, nous tournons, nous tournons, devant la cheminée qui crépite. Et nous tournons, tournons, tournons dans ses éclats de rire. Elle se cramponne de toute ses forces jusqu'au dernier lalalala lalala où nous nous effondrons sur le sol en riant, la tête continuant sa java folle. Et nous rions de nos efforts pour nous remettre debout. Et nous rions du bonheur d'être ensemble. Et nous rions de cet improbable hasard qui a fait de cette petite fille ma fille, et de moi, son père.

Posté par le chat qui pete à 10:43 - Petite Fleur - 6 miaulement(s) - Permalien [#]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

07 novembre 2007

Soeur Anne...


Du haut du phare du troisième bureau à gauche, soeur Anne, directrice des ressources humaines de son état, scrutait l'horizon et disait tout n'est que calme et volupté.

phare


- Mon oeil lui répondit Alexandre le Grand, ya l'Chat qui refait des siennes !
- Du calme mon petit, du calme. Qu'a-t-il fait ce méchant minet ?
- Il a demandé son 80 %, officiellement, ce soir, à son manager...
- ...
- ... et ce con a répondu favorablement sans me consulter !

Zut ! Crotte ! Merde ! pensa Soeur Anne en son faible intérieur, comme son hiérarchique a dit oui, s'il faut refuser ça va être à moi de le faire...

(et pendant ce temps le Chat, dans sa cuisine, le portable sur les genoux, biche en s'aiguisant les ongles en vue de la confrontation qui ne saurait tarder !)

Posté par le chat qui pete à 20:10 - Le Chat vire... - 8 miaulement(s) - Permalien [#]

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -




« Accueil  1